Noël, comme chaque année. Nos souvenirs sont tous rythmés par ce mysterieux rituel dont la découverte de la supercherie représente aussi le passage de l’enfance à l’âge adulte, une parabole freudienne sur le meurtre inconscient du père.
Quelle autre fête que Noël est-elle chargée d’autant de symboliques références, de tradition et merchandising? Quelle autre fête a-t’elle mieux su s’adapter au monde moderne? Païenne ou sacrée, cet évènement annuel ne cesse à la fois de nous émerveiller et de nous agacer. Nous émerveiller en nous faisant croire l’espace de quelques jours que le temps s’est arrêté, que le monde ressemble à une chaussette épaisse et chaude, réconfortante, dont chacun possède l’autre pied. Nous agacer par son totalitarisme, par son insinuosité sans limites.
Ce qui est devenu un moment familial, une parenthèse sociale tout autant qu’un moment de plaisir sans compter, synonyme d’une frénésie de consommation, est également devenu une obligation sociale. Il n’est pas anodin que la plus grande marque hégémonique – vous l’aurez deviné – soit aussi l’emblème de cette fête qui ne cesse de s’imposer partout. Noël est une fête ? Non, Noël est bien aujourd’hui une marque, une marque aux nombreuses licences !
Créé en 2001, par Hobz, Honda et Onde, TRBDSGN (Turbo Design) est un studio de création, véritable laboratoire de recherche, où est privilégié le travail des nouvelles techniques et des nouvelles matières.
En permanente évolution, leur travail obéit à une agréable doctrine : privilégier le plaisir. C’est un état d’esprit qui pousse les trois artistes designers à chercher, pour leurs réalisations, le perfectionnement constant doublé du soucis supplémentaire de trouver une place tant à l’individu qu’au collectif.
Diversifié, le TRBDSGN répond autant à des commandes d’identités graphiques et stylistiques (intervention sur l’habillage du record TGV-Megamark, Absolut Raspburry, Teaser Crop, Archos, Gin Hendricks, etc) qu’à leurs propres élans créatifs par la fabrication d’objets. Les trois artistes ont notamment la particularité d’intervenir sur des lieux mis à leur disposition pour des créations conceptuelles et éphémères. Les pièces créées dans le cadre de ces interventions sont basées sur le principe du recyclage et c’est ce que GHP proposait en studio de création en cette période de rentrée 2007; deux semaines pendant lesquelles l’espace s’est transformé en atelier de l’art-design. Le public a même été invité à rencontrer TRBDSGN pour proposer meubles et accessoires en vue d’un ré-habillage et d’une customisation.
Humanidad Estafa est la première exposition personnelle de Dran.
Originellement rattaché à la scène graffiti, Dran transcende cependant les styles et les clivages offrant au regard des passants un regard virtuose, pertinent et poétique.
La galerie GHP lui a laissé carte blanche pour une ré-appropriation de l’espace, une re-création totale de son univers : un atelier appartement devient la pièce centrale de cette exposition. Lieu de vie d’un chevreuil artiste, alter ego de Dran, peintures et dessins s’y disputent le cm². Humanidad Estafa a aussi été l’occasion pour l’artiste de faire découvrir la série des cartons d’emballages détournés, épreuves de l’ouvrage fabriqué en France, satyre illustrée sur les dérives de la société de consommation. Une série de peintures témoignage de la sensibilité et de la singularité de l’artiste, complète cette exposition aussi riche que salvatrice.
De formation universitaire, Odile Cariteau a toujours envisagé la peinture comme une fin en soi.
Dés qu’elle a pu y consacrer sa vie entièrement, elle est « entrée en peinture » comme on « entre dans les ordres ». C’était en 1990. Son travail se nourrit alors des « soucis » philosophiques et esthétiques apparus dès son enfance, durant ses vingt premières années passées en Mauritanie, terre désertique qui lui a donné le goût pour la méditation et le repli sur soi.
Souffle est une série grand format de peintures abstraites. Des toiles vierges sont l’espace de tous les tourments et toutes les forces. Le noir travaillé par tracé, geste calligraphe, convoque les éléments de la nature : l’air, l’eau, la terre. Le noir exclusif appelle le vivant et la texture : des vagues et des ressacs, tous violents qu’ils puissent être, vous invitent à vous perdre en rêveries à vouloir toucher cette matière rendue organique.
Variation sur un même thème, chaque toile est une nouvelle invitation pour un nouveau voyage.
La peinture de Freddo Sacaro, figurative, est colorée, lisse et précise, proche de l’illustration.
Avec Bonheur & Barbarie, l’artiste propose une série de tableaux dans lesquels deux clans (Mickeys et Schtroumpfs) se livrent une guerre sans merci. Ré-interprétation de tableaux de maître ou expression libre, chaque peinture est une mise en scène de la violence du monde qui conjugue les thèmes conflictuels : « identité, territoires, différences ou sexualité ». Les héros de l’enfance changent de visage et s’affrontent dans des peintures acides. De ce décalage, on retient l’immédiateté des œuvres.
Le récent succès du film Persepolis a révélé à un large public les talents de narrateur de Vincent Paronnaud, nom qu’il arbore, sous anxiolytiques, à la remise du prix du Jury du festival de Canne en 2007.
Malgré la direction éditoriale du journal Ferraille illustré, la création Supermarché puis du Musée Ferraille (qu’il assume toutes trois avec ses vieux compères Cizo et Felder) et, malgré deux nominations au festival d’Angoulême en 2004 et 2007, Winshluss demeure dans l’ombre de l’underground. Un cercle grandissant de fans illuminés s’arrache ses publications mais que sait-on réellement de lui ?
Né à la Rochelle en 1970, il traîne ensuite ses guêtres à Pau (64) où la légende raconte que, pendant des années, il ne fout pas grand chose. Sans doute mûrit-il doucement quelque blague avec d’autres compagnons d’errance. Sa ville d’adoption, récompensée de 4 fleurs au Concours des villes et villages fleuris, offre probablement un terrain propice à son éducation artistique. “Urbis palladium et gentis” – “Sauvegarde de la Ville et de la Nation” – n’est-elle pas la devise prometteuse des lieux ?
Comment expliquer, autrement que par cette maturation silencieuse, l’apparition d’un univers aiguisé dont tous les éléments – satire sociale, goût de l’ellipse, dessin débridé, références graphiques et musicales récurrentes. – sont en place dès le milieu des années 90 ? Winshluss publie ses premières histoires dans différents fanzines et revues alternatives : noire dans Jade, grinçante dans Ferraille, sauvage dans Hôpital Brut. Peu de temps auparavant, il co-fonde le groupe Shunatao qui, là encore, recrache des musiques blues, punk, rock qu’on devine digérées de longue date.
On pourrait croire Winshluss fruit d’une partouze entre Crumb, Mattioli et Vuillemin. Ce ne sont pourtant que ses tontons. Il connaît leur manières graphiques, leur goût cartoonesque et leur humour à la scie mais n’habite pas sous leur toit. Quel grand reporter pourrait d’ailleurs, par simple soucis bien sûr d’une vérité dénuée de tout sensationnel, prouver que ces trois-là ont couché ensemble ?
N’ont-ils pas chacun leur propre maison ? Après la glande, Winshluss travaille beaucoup maintenant pour retaper la sienne. Cette baraque, pas vieille mais déjà patinée, exige plus que ses seules rigeurs et virtuosité de fin technicien. On frappe à la porte. C’est la mort avec sa faux, la voisine.
“Je suis bien au numéro 64 ?
-Ah, non vous faites erreur. Le 64, c’est la villa en face avec l’interphone et la porte blindée.”
Pour embellir la maison en riant de la voisine, tant qu’il est encore temps, Winshluss sait qu’il faut simplement inventer.
“Dans dix ans il sera trop tard, deux milles dix sept sonne demain la fin du règne des humains et le début du cauchemar ! Préparez-vous à combattre le boudin qui grille dans l’âtre, les cervelas, les pieds de porc ! Alors mes pauvres amis à votre tour en salami serez hachés ou bien en bocaux conservés. La roue de la fortune aussi tourne pour ceux qui dans l’oubli, abreuvés de mauvaises farines, attendent le moment propice pour nous jeter dans les abysses de la préhistoire porcine. Ces mésaventures tragiques auxquelles vous ne réchapperez, je vais maintenant les conter afin que de façon ludique en connaissance de cause sachiez à quelle sauce vous serez mangés.”
Oyez braves humains le bientôt célèbre récit de notre déchéance ; la Revanche des Palmipèdes est proche, prélude à la Grande Révolution Porcine qui nous assujettira au régime alimentaire du nouveau pouvoir en place. A cette occasion, la Grande Halle aux Poissons de Toulouse résonnera des échos de la propagande à la gloire du nouveau régime.
Le graffiti entre quatre murs ! Ça deviendrait presque une habitude… Alors que cette discipline urbaine trouve désormais légitimité dans la sphère de l’art contemporain, GHP invite trois pionniers du graffiti (Roots = les racines) à se confronter à la nouvelle génération (Buds = les bourgeons).
Tilt (célèbre entre autres choses pour ses Fetish Bubble Girls) et son acolyte Der, tous deux toulousains, ont vu naître le graffiti « made in France » et lui ont donné un élan particulier avec la Truskool, groupe d’artistes ayant influencé la discipline en France et à travers le monde.
Mist fait partie de la même génération, et comme ses deux confrères il a su faire preuve de la plus grande inventivité pour figurer aujourd’hui parmi les quelques références du « graff » français.
Que sont devenus ces pionniers ? Que proposent-ils aujourd’hui ? Quelle influence ont-ils encore aujourd’hui ?
Quel regard portent les jeunes artistes sur cette influence ? Comment l’ont-ils digéré ? Qu’apportent-ils de différent, de nouveau ?
Autant de questions que pose cette exposition en accueillant également trois jeunes graffeurs d’à peine 20 ans, qui montreront leur talent à leurs aînés et surtout au public friand de défis et d’expériences.
Le graffiti est bien vivant… peut-être aujourd’hui plus que jamais ! Un art qui se transmet de génération en génération… un art devenu mature… majeur ?