Archive pour la catégorie ‘Expositions’

Amour

mardi 18 mai 2010

Winshluss est un mec discret.

Le récent succès du film Persepolis a révélé à un large public les talents de narrateur de Vincent Paronnaud, nom qu’il arbore, sous anxiolytiques, à la remise du prix du Jury du festival de Canne en 2007.

Malgré la direction éditoriale du journal Ferraille illustré, la création Supermarché puis du Musée Ferraille (qu’il assume toutes trois avec ses vieux compères Cizo et Felder) et, malgré deux nominations au festival d’Angoulême en 2004 et 2007, Winshluss demeure dans l’ombre de l’underground. Un cercle grandissant de fans illuminés s’arrache ses publications mais que sait-on réellement de lui ?

Né à la Rochelle en 1970, il traîne ensuite ses guêtres à Pau (64) où la légende raconte que, pendant des années, il ne fout pas grand chose. Sans doute mûrit-il doucement quelque blague avec d’autres compagnons d’errance. Sa ville d’adoption, récompensée de 4 fleurs au Concours des villes et villages fleuris, offre probablement un terrain propice à son éducation artistique. “Urbis palladium et gentis” – “Sauvegarde de la Ville et de la Nation” – n’est-elle pas la devise prometteuse des lieux ?

Comment expliquer, autrement que par cette maturation silencieuse, l’apparition d’un univers aiguisé dont tous les éléments – satire sociale, goût de l’ellipse, dessin débridé, références graphiques et musicales récurrentes. – sont en place dès le milieu des années 90 ? Winshluss publie ses premières histoires dans différents fanzines et revues alternatives : noire dans Jade, grinçante dans Ferraille, sauvage dans Hôpital Brut. Peu de temps auparavant, il co-fonde le groupe Shunatao qui, là encore, recrache des musiques blues, punk, rock qu’on devine digérées de longue date.

On pourrait croire Winshluss fruit d’une partouze entre Crumb, Mattioli et Vuillemin. Ce ne sont pourtant que ses tontons. Il connaît leur manières graphiques, leur goût cartoonesque et leur humour à la scie mais n’habite pas sous leur toit. Quel grand reporter pourrait d’ailleurs, par simple soucis bien sûr d’une vérité dénuée de tout sensationnel, prouver que ces trois-là ont couché ensemble ?

N’ont-ils pas chacun leur propre maison ? Après la glande, Winshluss travaille beaucoup maintenant pour retaper la sienne. Cette baraque, pas vieille mais déjà patinée, exige plus que ses seules rigeurs et virtuosité de fin technicien. On frappe à la porte. C’est la mort avec sa faux, la voisine.

“Je suis bien au numéro 64 ?

-Ah, non vous faites erreur. Le 64, c’est la villa en face avec l’interphone et la porte blindée.”

Pour embellir la maison en riant de la voisine, tant qu’il est encore temps, Winshluss sait qu’il faut simplement inventer.

Inutile de trop la ramener. Je vous le disais :

Winshluss est un mec discret.

Morvandiau, avril 2008

Oeil pour oeil, dent pour dent

vendredi 7 mai 2010

“Dans dix ans il sera trop tard, deux milles dix sept sonne demain la fin du règne des humains et le début du cauchemar ! Préparez-vous à combattre le boudin qui grille dans l’âtre, les cervelas, les pieds de porc ! Alors mes pauvres amis à votre tour en salami serez hachés ou bien en bocaux conservés. La roue de la fortune aussi tourne pour ceux qui dans l’oubli, abreuvés de mauvaises farines, attendent le moment propice pour nous jeter dans les abysses de la préhistoire porcine. Ces mésaventures tragiques auxquelles vous ne réchapperez, je vais maintenant les conter afin que de façon ludique en connaissance de cause sachiez à quelle sauce vous serez mangés.”

Oyez braves humains le bientôt célèbre récit de notre déchéance ; la Revanche des Palmipèdes est proche, prélude à la Grande Révolution Porcine qui nous assujettira au régime alimentaire du nouveau pouvoir en place. A cette occasion, la Grande Halle aux Poissons de Toulouse résonnera des échos de la propagande à la gloire du nouveau régime.

Roots’n’buds

vendredi 7 mai 2010

Le graffiti entre quatre murs ! Ça deviendrait presque une habitude… Alors que cette discipline urbaine trouve désormais légitimité dans la sphère de l’art contemporain, GHP invite trois pionniers du graffiti (Roots = les racines) à se confronter à la nouvelle génération (Buds = les bourgeons).

Tilt (célèbre entre autres choses pour ses Fetish Bubble Girls) et son acolyte Der, tous deux toulousains, ont vu naître le graffiti « made in France » et lui ont donné un élan particulier avec la Truskool, groupe d’artistes ayant influencé la discipline en France et à travers le monde.
Mist fait partie de la même génération, et comme ses deux confrères il a su faire preuve de la plus grande inventivité pour figurer aujourd’hui parmi les quelques références du « graff » français.

Que sont devenus ces pionniers ? Que proposent-ils aujourd’hui ? Quelle influence ont-ils encore aujourd’hui ?
Quel regard portent les jeunes artistes sur cette influence ? Comment l’ont-ils digéré ? Qu’apportent-ils de différent, de nouveau ?
Autant de questions que pose cette exposition en accueillant également trois jeunes graffeurs d’à peine 20 ans, qui montreront leur talent à leurs aînés et surtout au public friand de défis et d’expériences.

Le graffiti est bien vivant… peut-être aujourd’hui plus que jamais ! Un art qui se transmet de génération en génération… un art devenu mature… majeur ?